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Groupe R Parent

Axe 1 : Composition protéique des particules virales du VHC d’origine clinique



Preparation purifiées de particules du VHC visualisée par microscopie électronique après coloration négative. La population hétérogène visible regroupe des particules enveloppées d’environ 70nm et des nucléocapsides nues d’environ 30 à 40 nm, probablement associées à des propriétés biologiques très différentes.

La gravité de l’hépatite C provient de la très grande fréquence des infections chroniques qui peuvent évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie. Malgré l’importance des connaissances accumulées depuis la caractérisation moléculaire du VHC en 1989 concernant les protéines virales et leur implication dans le cycle de réplication virale, environ un patient sur 2 dans le cadre d’infections à génotype 1, le plus fréquent en Europe, ne répond pas au traitement antiviral. L’identification de nouvelles modalités d’interaction du virus avec sa cellule cible, l’hépatocyte est donc perçue comme nécessaire à l’amélioration des chances de succès thérapeutique dans ce contexte. La recherche dans le domaine de l’hépatite C tend donc actuellement à considérer davantage les caractéristiques de l’hôte dans l’issue du traitement. Comme chez de nombreuses espèces virales, les virions du VHC s’associent à divers constituants cellulaires issus de l’hôte dans le but de tirer avantage de leur présence en termes de, morphogenèse, sécrétion, stabilité, capacité à réinfecter la cellule cible avec le matériel d’origine cellulaire nécessaire à sa réinfection, et capacité à dissimuler sa présence au système immunitaire. A priori donc, les protéines de l’hôte associées aux particules virales du VHC (PHAV) sont des candidats de choix pour identifier des partenaires cellulaires indispensables au cycle viral et potentiellement impliquées dans la non-réponse thérapeutique du patient. Une première phase de ce programme de recherche, qui s’est déroulée sur des particules purifiées du VHC produites in vitro, a été mené à bien et a permis l’identification de diverses PHAV (n = 46) dont certaines indispensables à la sécrétion virale ((Parent et al. Hepatology. 2009; figure ci-dessus), et données non publiées).

La seconde phase de ce projet a pour but d’augmenter autant que possible la pertinence physiopathologique de cette étude en mettant en œuvre la purification de particules du VHC d’origine clinique (par le recrutement de 15 à 20 patients non répondeurs ainsi que de 3 à 5 patients répondeurs en tant que contrôles) et l’identification par spectrométrie de masse des PHAV associées à ces particules. La comparaison des PHAV d’origine plasmatique et des PHAV identifiées précédemment dans des systèmes de culture in vitro du VHC permettra le développement de programmes de recherche sur des cibles de pertinence physiopathologique maximale mais aussi dont l’implication dans le cycle viral pourra être étudiée sur un plan mécanistique in vitro.

Nous espérons, par cette étude, contribuer à l’identification de nouveaux partenaires d’interaction viraux et cellulaires, potentiellement valorisables sur le plan thérapeutique.

Axe 2 : Nétrine et virus de l'hépatite C (Coll. Equipes P. Mehlen et F. Zoulim du CRCL)



L’infection par le VHC provoque une augmentation des transcrits de nétrine-1. Des cellules Huh7.5 ont été infectées par le VHC (souche JFH1 comportant trois mutations adaptatives) pendant 10j et fait l’objet de quantification du transcrit de la nétrine-1 par PCR quantitative.

Le concept de récepteur à dépendance (RD) représente une des avancées les plus novatrices des dix dernières années en biologie cellulaire et du développement. Cette voie impliquée dans la survie cellulaire est actrice dans plusieurs fonctions en physiologie et pathologie humaine.

Un ensemble de résultats préliminaires obtenus dans notre groupe suggère une interaction entre la voie canonique des RDs, la voie nétrine-1 / uncoordinated phenotype 5A (NTN1 / UNC5A) et le virus de l’hépatite C (VHC) : l’augmentation des transcrits de la NTN1 et de son récepteur UNC5A dans des cellules infectées par le VHC (Figure X ci-dessus), une colocalisation massive entre la glycoproteine d’enveloppe E2 du VHC et UNC5A dans ces cellules, ainsi que la modulation positive de UNC5A et négative de la NTN1 par l’interféron alpha. Ces résultats ont été confirmés sur les souches H77 et N de génotype 1. La fonctionnalité de la voie NTN1 / UNC5A a été démontrée dans les cellules Huh7.5 par des tests de croissance cellulaire. Orientés par ces résultats, les objectifs de ce projet sont l’étude de l’interaction entre la voie canonique des récepteurs à dépendance et le virus de l’hépatite C, à travers différentes approches :

1 – Développement d’anticorps polyclonaux contre la NTN1 et UNC5A, confirmation de la modulation viro-induite de la NTN1 et de son récepteur UNC5A au niveau protéique

2 – Identification des protéines virales et de leurs déterminants structuraux ainsi que des étapes fonctionnelles du cycle viral à l’origine de l’induction de la NTN1 et de UNC5A,

3 – Etude des conséquences de cette altération de la voie NTN1 / UNC5A par le VHC sur :
- sa propre réplication à travers plusieurs paramètres (réplication intracellulaire, niveau de sécrétion de l’ARN viral dans le surnageant, et infectiosité spécifique),
- le phénotype cellulaire (différenciation hépatocytaire, susceptibilité à l’apoptose),

4 – Etude du rôle potentiel de la NTN1 et UNC5A dans l’immunité innée hépatocytaire.

 

 

 

 

Le monde biologique selon Wassily Kandinsky (Composition IX, Paris, 1936)

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