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Des modifications de la composition du ribosome surviennent durant l’EMT, acteur clé dans la s...
Publié le 06/12/2024
Des modifications de la composition du ribosome surviennent durant l’EMT, acteur clé dans la survenue des métastases
Dans une étude publié le 5 décembre dans la revue PNAS1, Virginie Marcel, Chercheure Inserm au sein de l’équipe « Ribosome, traduction et cancer » et son collaborateur Olivier Namy, Chercheur CNRS à l’I2BC, sont parvenus à montrer que la composition du ribosome, acteur essentiel de la traduction des ARN messagers en protéines, est modifiée durant la transition épithélio-mésenchymateuse (EMT), une phase de transition morphologiques des cellules jouant un rôle néfaste dans la progression tumorale, en conférant aux cellules cancéreuses la capacité de se disséminer et de former des métastases.
L’EMT est un processus biologique par lequel une cellule perd ses caractéristiques usuelles pour acquérir des propriétés lui permettant de se déplacer. Impliquée notamment dans la formation de l’embryon ou dans la réparation des tissus chez l’adulte, l’EMT peut aussi contribuer à la formation de fibrose ou dans le cas d’une cellule tumorale, à la formation de métastases. Dans les cancers, ce changement est comparable à une métamorphose cellulaire qui permet aux cellules cancéreuses de devenir plus agressives et résistantes aux traitements. L’EMT est donc un acteur clé dans la progression tumorale. Si le fonctionnement de l’EMT est déjà très étudié au niveau cellulaire et moléculaire, Virginie Marcel et ses collaborateurs se sont intéressés aux changements traductionnels survenant durant cette phase et jusqu’ici très peu décrits.
Les travaux réalisés ont permis de mettre en évidence que la plasticité du ribosome est un facteur essentiel à la mise en place de l’EMT. En effet, les résultats montrent que la composition des ribosomes est modifiée durant cette phase avec, en particulier, l’augmentation d’une protéine ribosomale appelée RPL36A. La surexpression de cette seule protéine s’est d’ailleurs avérée suffisante pour induire l’EMT chez des cellules épithéliales en culture.
Cette étude montre donc le rôle primordial de la reprogrammation des ribosomes dans les processus de traduction et ouvre potentiellement de nouvelles voies thérapeutiques ciblant la survenue des métastases.
1 Intricate ribosome composition and translational reprogramming in epithelial–mesenchymal transition, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 121 (50) e2408114121, https://doi.org/10.1073/pnas.2408114121 (2024).