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Les tumeurs neuroendocrines de l’intestin grêle : une diversité méconnue
Publié le 14/03/2025
Les tumeurs neuroendocrines de l’intestin grêle, tumeurs rares, ont longtemps été perçues et traitées comme une seule et même maladie. Cependant, une équipe du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon a récemment révélé que ces tumeurs peuvent être catégorisées en quatre groupes distincts, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les traitements et la prise en charge des patients atteints de ces cancers.
Les tumeurs neuroendocrines de l’intestin grêle sont des tumeurs rares qui se développent à partir de cellules entéroendocrines normalement impliquées dans la régulation de la digestion et la production d’hormones. Bien que rares, ces tumeurs voient leur nombre augmenter au sein de la population, notamment du fait de diagnostics plus précis. Si dans une grande partie des cas, ces cancers sont plutôt de bon pronostic, 10% environ sont beaucoup plus agressifs. Malgré cette disparité clinique, les tumeurs neuroendocrines de l’intestin grêle étaient jusqu’à maintenant considérés, et donc soignées comme une seule et même maladie.
Dans une étude publiée début mars dans la revue Nature Communications1, l’équipe « Gastroentérologie et technologies pour la santé » du CRCL, dirigée par Benjamin Gibert, chercheur au CNRS, et Thomas Walter, PU-PH aux Hospices Civils de Lyon, est parvenue à montrer que ces tumeurs peuvent en fait être classées en quatre groupes moléculaires distincts.
Grâce à une analyse multiomique, incluant des données génétiques, transcriptomiques et épigénétiques, les chercheurs ont découvert que chacun des quatre groupes possède des caractéristiques distinctes. Les deux premiers groupes sont associés à des schémas de différenciation des cellules endocrines, le troisième a une présence de cellules immunitaires et le dernier, au pronostic le plus défavorable, possède des propriétés dites mésenchymateuses.
Cette découverte pourrait permettre d’améliorer la prise en charge de ces maladies rares et de développer des médicaments adaptés pour mieux contrecarrer l’évolution de ces tumeurs.
1Référence : Patte C, Pommier RM, Ferrari A, Fei-Lei Chung F, Ouzounova M, Moullé P, Richaud M, Khoueiry R, Hervieu M, Breusa S, Allio M, Rama N, Gérard L, Hervieu V, Poncet G, Fenouil T, Cahais V, Sertier AS, Boland A, Bacq-Daian D, Ducarouge B, Marie JC, Deleuze JF, Viari A, Scoazec JY, Roche C, Mehlen P, Walter T, Gibert B. Nature Communications. 2025 Mar 4;16(1):2197. doi: 10.1038/s41467-025-57305-8. Comprehensive molecular portrait reveals genetic diversity and distinct molecular subtypes of small intestinal neuroendocrine tumors.
