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L’interféron de type III, un levier prometteur pour booster la réponse immunitaire anti-tumorale
Publié le 01/04/2025
Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications1, sous la direction du Dr. Jenny Valladeau-Guilemond (Directrice de recherche Inserm), une équipe du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, est parvenue à montrer le rôle bénéfique de l’interféron de type III dans la réponse immunitaire antitumorale. Jusqu’ici connu pour son rôle antiviral, l’interféron de type III pourrait ainsi permettre d’améliorer l’efficacité d’immunothérapies existantes.

Visualisation des contact existants entre les pDC et les cDC1 par immunofluorescence in situ dans une tumeur de mélanome. Rouge : pDC ; Vert : cDC1 ; turquoise : cellule de mélanome ; Bleu : DAPI pour marquer les noyaux.
Les cellules dendritiques jouent un rôle clé dans l’organisation des réponses immunitaires antitumorales. Elles permettent principalement de faire le lien entre l’immunité innée et la mise en place d’une immunité adaptative spécifique dirigée contre les cellules cancéreuses. Ces cellules sont composées de différentes sous-populations, dont les principales sont les cellules dendritiques conventionnelles (cDCs), connues pour capturer et présenter des antigènes tumoraux aux lymphocytes T, et les cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDCs), capables de produire de grandes quantités d’interféron de type I (IFN-I), mais malheureusement inhibées au sein des tumeurs.
Alors que les interférons de type I sont bien connus pour leur rôle bénéfique dans la réponse immunitaire anti-tumorale, l’effet des interférons de type III (IFN-III), produits par les cellules conventionnelles de type I et décrits pour leur rôle antiviral, reste moins clair dans un contexte tumoral.
Dans leur étude, les chercheurs du CRCL sont parvenus à démontrer que les IFN-III favorisent la survie et l’activation des pDCs, améliorant ainsi leur réponse aux stimuli externes. De plus, ils ont découvert que les pDCs présentes au sein des tumeurs sont particulièrement stimulées par les IFN-III. Enfin, et de façon très intéressante, ils ont mis en évidence que l’IFN-III est capable de neutraliser certains facteurs inhibiteurs des pDCs présents dans le microenvironnement tumoral, rétablissant ainsi la capacité de ces cellules à produire des quantités importantes d’IFN-I et donc à générer une potentielle réponse immunitaire antitumorale.
Ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles combinaisons d’immunothérapies où l’IFN-III, restaurant l’activité des pDCs, pourrait jouer un rôle d’adjuvant pour améliorer des thérapies existantes ou encore aider à diminuer les effets secondaires de ces traitements tout en préservant leur efficacité.

Au sein des tumeurs, l’IFN-III active spécifiquement les cellules dendritiques plasmacytoïde (pDCs).
Cette activation permet d’empêcher leur inhibition initialement engendrée par des facteurs inhibiteurs tel le TGFB et le PGE2 produits par les cellules cancéreuses. Grâce aux IFN-III, la levée de cette inhibition permet de restaurer et d’amplifier la production d’IFN-I des pDCs qui pourrait ainsi booster l’ensemble des cellules immunitaires pour éliminer les cellules cancéreuses plus efficacement.
Référence1:
Type III interferon primes pDCs for TLR7 activation and antagonizes immune suppression mediated by TGF-β and PGE2
Candice Sakref, Alexis Saby, Céline Rodriguez, Maude Ardin, Lyvia Moudombi, Anne-Claire Doffin, Elisa Gobbini, Aurélien Voissiere, Laurie Besson, Léo Laoubi, Jan Böttcher, Stéphane Depil, Margaux Hubert, Nathalie Bendriss-Vermare, Christophe Caux & Jenny Valladeau-Guilemond
https://doi.org/10.1038/s41467-025-58220-8