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Cancer du pancréas : un anticorps développé au CRCL fait ses preuves dans un essai clinique précoce
Publié le 22/04/2026
Touchant un nombre croissant de patients, le cancer du pancréas demeure l’un des plus agressifs en raison de la capacité des cellules cancéreuses à résister aux traitements conventionnels, comme la chimiothérapie. Dans ce contexte, l’équipe « Apoptose, cancer et développement » dirigée par Patrick Mehlen, sur le site du Centre Léon Bérard, a développé un anticorps capable de bloquer l’un des mécanismes de résistance des cellules cancéreuses. Baptisé NP137, celui-ci a été évalué dans le cadre d’un essai clinique de phase 1 coordonné par des scientifiques l’Université Grenoble Alpes et du CHU Grenoble Alpes, sous la direction du Pr Gaël Roth. Cet essai clinique a pu être monté grâce au soutient financier de la Fondation ARC.
Les résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature1.
NP137 : un anticorps conçu pour bloquer un mécanisme fondamental de résistance
Dans de nombreux cancers, certaines cellules tumorales résistent aux traitements en activant un mécanisme dit de « transition épithélio-mésenchymateuse » par lequel elles modifient rapidement leur forme et leur comportement, acquérant ainsi la capacité d’échapper aux traitements standards. Les travaux menés depuis plus de 10 ans par l’équipe de Patrick Mehlen, sur le site du Centre Léon Bérard, ont permi de montrer que ce mécanisme reposait en partie sur l’activation anormale, lors de la progression tumorale, d’une protéine qui d’ordinaire n’est présente que pendant le développement embryonnaire : la nétrine-1.
Cette découverte a permis le développement, avec le soutien de la startup Netris Pharma, d’un anticoprs, le NP137, capable de se fixer sur la
nétrine-1, et d’empêcher l’interaction de la protéine avec son récepteur cellulaire, bloquant ainsi la transition épithélio-mésenchymateuse des cellules tumorales. Résultat : les tumeurs deviennent plus sensibles aux traitements anticancéreux.
Un bénéfice mesurable pour les patients

Progression des patients atteints de cancer du pancreas après avoir été traité avec NP137+mFolfirinox en fonction de l’expression élevée (high) ou faible (low) du récepteur à netrin-1 appelé Neogenin 1
Après des premières données prometteuses chez l’animal et l’humain4, ce médicament candidat vient de faire ses preuves dans un essai clinique de phase 1b (LAPNET-1) chez 43 patients atteints d’un cancer du pancréas localement avancé initialement non opérables. Administré en association avec la chimiothérapie standard, le NP137 a permis d’améliorer significativement la durée de réponse à la chimiothérapie voire de prolonger la survie globale des malades par rapport aux données historiques rapportées chez les patients traités par chimiothérapie standard seule. Cet effet est particulièrement visible pour les malades dont les tumeurs portent le récepteur de la nétrine-1, chez qui le traitement s’est accompagné d’une prolongation de plus de 5 mois en moyenne de la survie sans progression après chimiothérapie6.
Si ces résultats doivent être confirmés par un essai clinique de plus grande ampleur (lancement prévu fin 2026), ils ouvrent une option thérapeutique prometteuse pour ce cancer en forte progression, appelé à devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici les années 2030-2040. À terme, cette piste thérapeutique pourrait dépasser le seul cadre du cancer du pancréas avec des applications possibles dans de nombreux autres types tumeurs qui partagent le même mécanisme de résistance.
1Netrin1 blockade alleviates resistance to chemotherapy in pancreatic cancer. Gael Roth et al. Nature, le 22 avril 2026.