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Innovation : une technique de bio-impression 3D de tumeurs mise au point au CRCL
Publié le 21/04/2026
La bio-impression 3D de tumeurs mise au point au CRCL pourrait remplacer les modèles 2D et certains modèles 3D utilisés au laboratoire et permettre une prédiction de l’efficacité des traitements plus fiable et potentiellement compatible avec les délais de prise en charge des patients.
Ces résultats, obtenus dans le cadre du projet Lung3DPrint porté au CRCL par le Pr Michaël Duruisseaux ont été présentés le 20 avril lors du meeting annuel de l’AACR à San Diego.
La bio-impression 3D de tumeurs est une technique qui pourrait révolutionner la recherche en cancérologie et la prise en charge des patients. Son principe consiste à réaliser des dizaines d’objets bio-imprimés à partir de cellules tumorales de laboratoire ou provenant du patient. Ces modèles bio-imprimés, qui ont les mêmes caractéristiques biologiques que la tumeur, permettront d’en étudier la biologie en profondeur et de tester un panel de médicaments anti-cancéreux afin de sélectionner le plus efficace.
Les résultats de la technique de bio-impression 3D mise au point au sein de l’équipe CRCL « OncoPharmacology » par Aurélie Cadiou, sous la direction des Prs Charles Dumontet et Michaël Duruisseaux, sont très prometteurs et ont été présentés à l’occasion d’une communication orale et poster au cours du au congrès annuel de la société américaine de recherche en cancérologie à San Diego (AACR Annual Meeting).
Ils montrent que la bio-impression 3D de cellules tumorales commerciales de cancer du sein et de l’ovaire, classiquement utilisées dans les laboratoires de recherche, permet de mieux mimer le comportement de la tumeur que les cultures 2D. Elle permet ainsi de mieux prédire l’efficacité de la chimiothérapie, de thérapies ciblées ou d’anticorps conjugués médicament (ADC).
Le projet Lung3DPrint a également démontré pour la première fois qu’il était possible de bio-imprimer des tumeurs fraîches de cancer du poumon à partir de biopsie de patients.
Par ailleurs, les résultats montrent que la bio-impression 3D de tumeur fraîche de cancer du poumon permet de produire des avatars de la tumeur du patient viables et disponibles seulement quelques jours après la biopsie réalisée chez le patient ! Cette technologie présenterait donc un énorme avantage par rapport aux organoïdes de patients, qui fonctionnent sur le principe de la culture cellulaire en 3D et qui ne sont parfois disponibles que des mois après le prélèvement tumoral. Les tumeurs bio-imprimées présentent une plus grande fidélité des populations cellulaires de la tumeur par rapport aux organoïdes ouvrant la voie à une médecine ultra-personnalisée, plus fiable et plus rapide, qui permettrait de choisir le meilleur traitement pour un patient donné.
Ce projet a pu voir le jour grâce à une collaboration forte entre le CRCL, impliquant l’équipe « Onco-pharmacologie » et la plateforme 3D-ONCO, et les Hospices Civils de Lyon, notamment via la mise en place d’un circuit d’accès aux tumeurs fraîches entre l’hôpital et le laboratoire.
« L’accès facilité à des échantillons de tumeurs issues de patients est un atout inestimable pour parvenir à appliquer les technologies de bio-impression dans le domaine du cancer. Ce premier succès pour les cancers du poumon ouvre la voie à une application dans d’autres types de cancers ».
Pr Michaël Duruisseaux, porteur du projet Lung3DPrint
Devant son succès ce projet a vocation à être décliné pour autres types de cancers et permettra d’envisager de généraliser la technique.
